Entre lui et la Mer pas de Vagues 

Il est resté longtemps à regarder la mer,
Il paraîtrait même qu'il la regarde encore,
Tout comme ces aïeux son grand-père et son père,
Etre fou Amoureux jusqu'à dormir dehors !

A l'approche de l'été il est la nuit et jours,
Pour ne plus la quitter rêve d'être un goéland,
De pouvoir survolée son Amour de toujours,
Tout comme Guyader pour séduire l'océan !

De regarder la mer il ne s’en lasse pas,
Aujourd'hui comme hier la mer le fait revivre,
Il a la peau hâlée des marins d'autrefois,
Et ne peut s'éloigner de celle qui l'enivre !

Le clapotis des vagues rythme sont quotidien !

Texte de Jean-Yves Meuric


La tendresse

“Prends ma main. Ne la lâche pas. J'écouterai ce que tu veux me dire. Si tu préfères te taire, j'entendrai ton silence. Si tu ris, je rirai avec toi, mais jamais de toi... Si tu es triste, j'essayerai de te consoler. Je ferai pour toi des bouquets de soleil. J'allumerai des feux de joie là où chacun ne voyait plus que des cendres.
Si je n'ai qu'une rose, je te la donnerai. Si je n'ai qu'un chardon, je le garderai pour moi. Je te donnerai ce qui te plaît, ce qui te rassure le plus si je le possède. Si je ne le possède pas, j'essayerai de l'acquérir.
Donne-moi la main. Nous irons où tu voudras. Je te ferai entendre la musique que j'aime. Si tu ne l'aimes pas, j'écouterai la tienne... J'essaierai de l'aimer !
Je t'apprendrai ce que je sais. C'est peu. Tu m'apprendras ce que tu sais. C'est beaucoup. Ne dis pas que tu ne sais rien : cela n'existe pas, quelqu'un qui ne sait rien... ou alors, si cela existe, tant mieux car ce serait quelqu'un comme un jardin sauvage, un jardin à naître où l'on peut rêver mille jardins... comme... comme un enfant à venir, un enfant espéré : ce serait la vie devant soi, ronde, inattaquée, comme une boule de Noël.
Prends ma main. Cinq doigts refermés autour des nôtres, c'est le plus beau cadeau du monde. Cela nous préserve de la peur, de l'abandon, du doute. Une main offerte, c'est un monde nouveau.
Tu es toi. Je suis ce que je suis. Je ne troublerai pas ta musique intérieure. Je ne me blesserai pas de tes silences. Tu respecteras les miens. Je ne t'assassinerai pas de “pourquoi ?”. Tu ne diras pas que je fais des fausses notes si je ne pense pas comme toi...
Donne-moi la main. Nous irons avec la vie, comme le sable, le temps et l'eau : entre source et delta. Différents et si proches à la fois...”

Simone Conduché, Les chemins de tendresse


Le Lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos :
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent,
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de Lamartine


Chanson pie

Il était noir,
Elle était blanche,
L’amour chantait malgré la loi
Sur la porte de leurs cinq doigts.

Mais une blanche
Vaut deux noires
Pour qui connaît bien la musique,
L’histoire et la métaphysique.

A mort le noir !
A mort la blanche !
Du goudron pour qu’on la tartine !
Lui, roulez le dans la farine. . .

Elle devint noire,
Il devint blanc
Et ils trouvèrent que c’était mieux
Tandis qu’on les jetait au feu.

Il était noir,
Elle était blanche. . .
Que voulez-vous que je vous dise ?
Il n’en resta que cendre grise.

Il était noir,
Elle était blanche. . .
Pourquoi voulait-ils, elle et lui,
Mélanger le jour et la nuit ?

Hervé BAZIN (Né le 17 avril 1911). 


Soleil et eau

Mon eau n’écoute pas
Mon eau chante comme un secret
Mon eau ne chante pas
Mon eau exulte comme un secret
Mon eau travaille
Et à travers tout roseau exulte
Jusqu’au lait du rire
Mon eau est un petit enfant
Mon eau est un sourd
Mon eau est un géant qui te tient sur la poitrine un lion
Ô vin
Vaste immense
Par le basilic de ton regard complice et somptueux

Aimé Cesaire (Mort le 17 avril 2008)


La souffrance

Qu'importe les cris et les pleurs
Dans ce monde de douleur et de sursis
Que peut m'apporter la vie
Si ce n'est peine et malheur

Quand tu es sur mon chemin
Tu es simplement perdu
Dans mon univers inconnu
Dont tu ne connais pas le destin

Car tu ignores mon passé
Tu n'en vois que l'extérieur
Sans en connaitre la douleur
Car elle est trop bien cachée

Sous un masque de glace
Enfouie au plus profond de mon esprit
Et révélée par la mélancolie
Que provoquent tes impasses

Mais de tout cela tu ignores l'existence
Car tu n'es qu'une illusion
Et je finis à l'abandon
En sombrant dans l'indifférence.

Lucia


DOUCE PENSEE

Douces pensées qui défilent dans ma tête,
Elles sont là tout près et font partie de mes jours.
Elles peuvent être réalistes romantiques
Comme rêveuses, mais elles sont
Pleines de douceur et de tendresse.

Elles se transforment en mots et
Je les écris pour les transmettent.
Mes douces pensées s'envolent à travers
L'horizon et voguent vers l'infini.

Ces douces pensées prennent les couleurs
De mes émotions et si mon cœur
Est heureux elles sont très claires,
Comme la couleur de mes yeux...

Douces pensées tu m'accompagnes
Chaque matin à mon réveil pour faire
De ma journée la plus belle qui soit.
Chacun d'entre-nous en avons, c'est un baume
Au cœur de les dire et de les offrir

Elles peuvent transformer une vie pour
Toujours si jamais elle était sombre.
Elles peuvent lui faire parvenir un rayon
De soleil dans son cœur à tout jamais.

Ne soyez pas avides de douces pensées,
Celles qui sont transmises et qui se
Transforment en mots délicats et si colorés.
Prenez-le temps de penser et de dire
De douces pensées à ceux que vous aimez.

Votre vie peut-être différente et votre cœur léger.
Douces pensées du matin ou du soir vous faîtes
Partie de ma vie, je vous ai gardé longtemps en moi
Vous étiez là depuis toujours mais
Maintenant je vous ai libéré.

Mon cœur les aiment....
Si vous pouvez essayez de mettre de douces pensées
Dans votre vie comme ces jolies fleurs que l'on appelle
"Des pensées"
Vous vous sentirez si bien...
Je vous offre mon bouquet de douces pensées, si parfois
Il vous apporte un brin de douceur et de tendresse
Alors je serai comblée...
Douces pensées envolez-vous à travers l'horizon
Pour rejoindre votre destinée.

Lucia


Les voleurs et l’Ane

Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient :
L’un voulait le garder ; l’autre le voulait vendre.
Tandis que coups de poing trottaient,
Et que nos champions songeaient à se défendre,
Arrive un troisième larron
Qui saisit maître Aliboron.
L’âne, c’est quelquefois une pauvre province :
Les voleurs sont tel ou tel prince,
Comme le Transylvain, le Turc et le Hongrois.
Au lieu de deux, j’en ai rencontré trois :
Il est assez de cette marchandise.
De nul d’eux n’est souvent la province conquise :
Un quart voleur survient, qui les accorde net
En se saisissant du baudet.

Jean de La Fontaine, Fables


La Rose

À Madame M.

Quand la rose s'entrouvre, heureuse d'être belle,
De son premier regard elle enchante autour d'elle
Et le bosquet natal et les airs et le jour.
Dès l'aube elle sourit ; la brise avec amour
Sur le buisson la berce, et sa jeune aile errante
Se charge en la touchant d'une odeur enivrante ;
Confiante, la fleur livre à tous son trésor.
Pour la mieux respirée en passant on s'incline ;
Nous sommes déjà loin, mais la senteur divine
Se répand sur nos pas et nous parfume encore.

Poème de Louise Ackermann (1813-1890)


Jacques Prévert: mort le 11 avril 1977

Poète et scénariste français (1900-1977) , né à Neuilly-sur-Seine. Auteur d'un premier succès, le recueil de poèmes, Paroles, il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots. Ses poèmes sont depuis lors célèbres dans le monde francophone et massivement appris dans les écoles françaises. Il a également écrit des scénarios pour le cinéma où il est un des artisans du réalisme poétique.

Poème :

LES FEUILLES MORTES

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie
Je t'aimais tant, tu étais si jolie,
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais
Toujours, toujours je l'entendrai !