'' L'Armor à la côte '' 
 
Nos barmans foisonnent,
Ils innovent en cocktails,
Patrons et patronnes, ...
S'affairent de plus belles,
Cible ... la prochaine saison !
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Opération séduction,
Dernière touche dernière main,
De Paimpol à Lannion,
Perros-Guirec, Plestin,
Cible... la prochaine saison !

Cette région est unique,
Ces ruelles sont pavées,
De cubes roses en granites,
Il faut la visiter,
Cible ... la prochaine saison !
.
Culturellement parlant,
Nos premiers Magistrats,
En langage Bretonnant,
Vous tendront les bras,
Cible... la prochaine saison !
.
Certains de nos villages,
Voir même beaucoup d'entre eux,
Célèbrerons le mariage,
De la mer du ciel bleu,
Dès la prochaine saison !
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Cible... l'Or des Côtes-d'Armor !
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Texte de Jean-Yves Meuric
Koné Nouvelle-Calédonie


Naissance de Paul Verlaine, le 30 mars 1844 à Metz (mort le 8 janvier 1896 à Paris)

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Précurseur du symbolisme, le poète Paul Verlaine a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit.
«De la musique avant toute chose,...
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose...»


LES
TABLES
DE LA
LOI...

Déjà enfant j'allais au keteb
Apprendre aleph et bet
C'étaient mes premiers pas
Vers notre sublime THORA
La Synagogue j'ai découvert
Toujours assis près de mon père
A la sortie des tables de la loi
Tout le monde
debout devant le roi
Le grand rabin après sa prière
Ouvre la THORA quelle LUMIERE
Les femmes jettent des douceurs
Les enfants ramassént en coeur
Et puis parfois on l oublie
Comme par hasard change la vie
La THORA c'est pour les autres
On se prend pour quelqu'un d'autre
Au hasard un samedi
Je retrouve un grand ami
Direction la grande syna
Le moral n'y était pas
Il m'offre la sortie du SEPHER
Sincèrement j'en était fier
J'ai ressenti HACHEM pres de moi
J'ai oublié mon désarroi
Il ne m'a jamais laissé tomber
Juste je l'avais oublié
Aujourd'hui heureux je suis
De ma vie entièrement il fait parti


B . ABITBOL


Poète au château.

De moulin en donjon,
De château en manoir,
De patelin sans nom
Aux coteaux de la Loire,
De village historique,
Poursuivant en chemin,
Un sillage magique,
Le vent me prend la main,
Me conduit au hasard
Comme un gamin perdu
Aujourd'hui, maquisard,
Et demain, reconnu;
Ma vie est un voyage,
Que ma plume vous conte,
Un avis de passage ,
Dans la brume qui monte,
Une trace de pas
Sur un parquet ciré,
L'audace quelquefois
Me fit bien avancer
De mansarde en palais,
De fenil en castel
Je m'attarde, oui mais,
A mon fil je m'attelle
De palace en fortin,
De citadelle en île,
Je trace mon destin,
Irréel et subtil,
D'un pinceau aussi fin
Que mes repas sont maigres,
Souriceau dans les foins,
Ne connaît pas de maître;
Me voilà, bonnes gens,
Noble dame à sa tour,
Quelque fois sans argent,
En quidam qui accourt
Pour un quignon de pain,
Une flamme en hiver,
Compagnon, galopin
Dont l'âme est en ces vers
D'écrivaillant, poète
Que chaque nuit inspire,
Dépliant sa cueillette
D'un vieux sac où soupire
Le talent qui s'inquiète
De ce qu'il veut vous dire!

Gary d'Els


L'amant désespéré

Forêts solitaires et sombres,
Je viens, dévoré de douleurs,
Sous vos majestueuses ombres,
Du repos qui me fuit respirer les douceurs.

Recherchez, vains mortels, le tumulte des villes ;
Ce qui charme vos yeux aux miens est en horreur :
Ce silence imposant, ces lugubres asiles,
Voilà ce qui peut plaire au trouble de mon coeur.

Arbres, répondez-moi !... Cachez-vous ma Sylvie ?
Sylvie, ô ma Sylvie !... Elle ne m'entend pas.
Tyrans de ces forêts, me l'auriez-vous ravie ?
Hélas ! je cherche en vain la trace de ses pas.

Nicolas Joseph Florent Gilbert

poète lorrain francophone.(1750-1780) né dans le sud du Duché de Lorraine à Fontenoy-le-Château

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Le Printemps est là

Quand les roses d’Ispahan éclosent
Et que je devine ton parfum
J’aimerai alors que tu oses
Être là à tous mes lendemains…

Mais le Printemps est là…

Car ton corps aux effluves d’argan
Invite mes mains passagères
À y dessiner en insolent
Des esquisses trop cavalières…

Mais le Printemps est là…

Quand elles sont à demi ouvertes
Tes lèvres nacrées rouge brillant
Sont les plus troubles découvertes
Qu’attend ma bouche assurément…

Mais le Printemps est là…

L’hiver est mort, mort depuis longtemps
Devant le mur de Jérusalem
Les prières ont foutu le camp
La foi n’est plus qu’un long poème…

Mais le Printemps est là…

Toi, toi, ma plus belle des saisons
Je t’aime, à chaque jour je t’aime.
À ça, ne cherche pas de raison
Car je ne la sais pas moi-même.

Jean-Michel de Cauville


Stances d’Hylas

Je le confesse bien, Philis est assez belle

Pour brûler qui le veut ;
Mais que, pour tout cela, je ne sois que pour elle,
Certes il ne se peut.

Lorsqu’elle me surprit, mon humeur en fut cause,

Et non pas sa beauté ;
Ores qu’elle me perd, ce n’est pour autre chose
Que pour ma volonté.

J’honore sa vertu, j’estime son mérite

Et tout ce qu’elle fait ;
Mais veut-elle savoir d’où vient que je la quitte ?
C’est parce qu’il me plaît.

Chacun doit préférer, au moins s’il est bien sage,

Son propre bien à tous ;
Je vous aime, il est vrai, je m’aime davantage :
Si faites-vous bien, vous.

Bergers, si dans vos cœurs ne régnait la feintise,

Vous en diriez autant ;
Mais j’aime beaucoup mieux conserver ma franchise
Et me dire inconstant.

Qu’elle n’accuse donc sa beauté d’impuissance,

Ni moi d’être léger ;
Je change, il est certain ; mais c’est grande prudence
De savoir bien changer.

Pour être sage aussi, qu’elle en fasse de même,

Égale en soit la loi.
Que s’il faut, par destin, que la pauvrette m’aime,
Qu’elle m’aime sans moi !

Honoré d'Urfé, comte de Châteauneuf, marquis du Valromey, seigneur de Virieu-le-Grand

mort le 1er juin 1625


DANS MA BELLE BRETAGNE

Quand je reviens joyeux dans ma belle Bretagne
Au sortir de Paris, de ce triste Paris,
Où l'on ne voit ni mer, ni forêts, ni montagnes,
Où l'on traîne des jours ennuyés et flétris ;

Quand j'ai passé le seuil, quand j'ai franchi l'entrée
De la noire maison gothique et retirée,
Et qu'un instant après je tombe dans les bras
De mes deux bien-aimés qui ne m'attendaient pas,

Oh ! de quelque bonheur que mon âme soit pleine
Dans ces rares moments d'ivresse surhumaine,
Quel que soit mon transport, un indicible ennui
S'éveille à l'heure même et se mêle avec lui.

J'aperçois, et c'est là ce qui me désespère,
Quelques rides de plus sur le front de mon père ;
Ma mère aussi, ma mère attriste mon regard,
Ses cheveux sont encor plus blancs qu'à mon départ ;

Et des larmes d'effroi roulent sous mes paupières.
0 mon Dieu, gardez-moi ces deux âmes si chères !
Gardez mon doux trésor, il est là tout entier ;
S'il vous faut l'un des trois, prenez-moi le premier ;

Prenez-moi : que ferais-je, hélas! dans ce vain monde,
Sevré des tendres soins dont leur amour m'inonde ?
Je ne demande rien, ni gloire, ni bonheur
Mais leur vie est ma vie, il me la faut, Seigneur !

Edouard Turquety (1807 – 1867) né à Rennes


SALUT A TOI BRETAGNE
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Salut à toi, Bretagne, ô pays que saint Yves,
Saint Corentin, saint Pol et Sainte Anne on Béni!
O pays des chansons et des âmes naïves!
O pays des clochers et des fronts de granit!
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Salut à toi, Bretagne, ô pays des calvaires !
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O pays des Pardons mystiques et joyeux,
Des durs ajoncs masquant les douées primevères,
Et des sourcils froncés sur la douceur des yeux!
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Salut à toi, pays des menhirs gigantesques,
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Des vieux druides levant vers Dieu leur front chenu,
Des lourds dolmens, couchés par des mains titanesques,
Comme des sphinx muets au seuil de l'Inconnu !
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Salut à toi, pays des candides prières,
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Ou l'ajonc desséché que l'on brûle, le soir,
Fumant droit vers le .ciel, au-dessus des chaumières,
Semble le pur encens d'un immense encensoir !
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Salut à toi, pays des fontaines sacrées!
..
Dont, seul, un vrai Breton comprend le double babil,
Dont les tendres chansons à peine murmurées
Nous hantent toujours sur les routes de l'exil !
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Salut à toi, pays taillé comme un navire,
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Dont Rennes est l'arrière et dont Brest est l'avant,
Vaisseau toujours battu qui jamais ne chavire,
Et que ne font trembler la houle ni le vent!
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Salut à toi, pays des fines coiffes blanches,
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Des femmes au front pur, au cœur fier, à l'œil bleu,
Dont le torse impeccable ondule sur les hanches,
Tel un bateau qui tangue et roule un tant soit peu !
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Salut à toi, pays des rivières charmantes :
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Isole, Iroise, Elle, Scorf au nom si câlin,
Odet capricieux, Vilaine aux eaux dormantes,
Rance dont on baigna le front de Du Guesclin !
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0 pays des marins aux robustes épaules,
Laboureurs de la mer aux labours incessants,
Dont les socs éventreurs ont, entre les deux pôles,
Creusé tous les sillons de tous les Océans !
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Salut à toi, salut, terre sainte chérie !
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A ton seul nom, je pleure et ris comme un dément!
Nul pays n'est aimé comme toi, ma Patrie ! .
Nulle mère adorée autant que toi... Maman!


Théodore Botrel


« Au vieux Roscoff », berceuse en Nord-Ouest mineur

Trou de flibustiers, vieux nid
À corsaires ! dans la tourmente,
Dors ton bon somme de granit
Sur tes caves que le flot hante…
Ronfle à la mer, ronfle à la brise ;
Ta corne dans la brume grise,
Ton pied marin dans les brisants…
Dors : tu peux fermer ton œil borgne
Ouvert sur le large, et qui lorgne
Les Anglais, depuis trois cents ans.
Dors, vieille coque bien ancrée ;
Les margats et les cormorans
Tes grands poètes d’ouragans
Viendront chanter à la marée…
Dors, vieille fille-à-matelots ;
Plus ne te soûleront ces flots
Qui te faisaient une ceinture
Dorée, aux nuits rouges de vin,
De sang, de feu ! — Dors… Sur ton sein
L’or ne fondra plus en friture.
Où sont les noms de tes amants…
La mer et la gloire étaient folles !
Noms de lascars ! noms de géants !
Crachés des gueules d’espingoles…
Où battaient-ils, ces pavillons,
Écharpant ton ciel en haillons !…
Dors au ciel de plomb sur tes dunes…
Dors : plus ne viendront ricocher
Les boulets morts, sur ton clocher
Criblé — comme un prunier — de prunes…
Dors : sous les noires cheminées,
Écoute rêver tes enfants,
Mousses de quatre-vingt-dix ans,
Épaves des belles années…

Il dort ton bon canon de fer,
À plat-ventre aussi dans sa souille,
Grêlé par les lunes d’hiver…
Il dort son lourd sommeil de rouille.
Va : ronfle au vent, vieux ronfleur,
Tiens toujours ta gueule enragée
Braquée à l’Anglais !… et chargée
De maigre jonc-marin en fleur

Roscoff. — Décembre.
Tristan Corbière, Les amours jaunes (1873).